27 mars 2012 - Intervention de M. François FILLON, Premier ministre

Monsieur le Président,
Monsieur le Secrétaire général,
Mesdames et Messieurs les Chefs d’Etat et de Gouvernement,
Mesdames et Messieurs les Ministres,
Mesdames, Messieurs,

L’accident nucléaire de Fukushima a rappelé au monde entier l’impératif absolu que représente la sûreté des installations nucléaires.
Des défis majeurs à la sécurité internationale, en Iran, mais aussi tout près d’ici en Corée du Nord, soulignent l’urgence de la lutte contre la prolifération nucléaire.
Un troisième type de risque requiert aussi toute notre attention : celui du terrorisme nucléaire et radiologique.

Le Sommet de Washington en avril 2010 a été une étape essentielle dans la prise en compte de cette menace.
Ce Sommet de Séoul doit être l’occasion de redéfinir nos priorités, mais aussi de mesurer les progrès réalisés depuis lors par chacun de nos Etats.

La France a tenu les engagements pris à Washington par le Président de la République Nicolas Sarkozy.

Elle a procédé à une refonte et à un renforcement de sa réglementation sur la protection et le contrôle des installations, des matières nucléaires et de leur transport.

Elle a demandé à l’AIEA de mener en novembre 2011 une mission IPPAS (International Physical Protection Advisory Service), pour faire évaluer son dispositif national en matière de sécurité nucléaire, y compris sur le terrain, dans la centrale EDF de Gravelines, qui est la plus grande centrale d’Europe occidentale.
Le rapport final de l’AIEA a qualifié notre dispositif de robuste.

Nous encourageons tous les pays ici présents à s’engager dans un exercice similaire et à participer au premier séminaire international consacré aux enseignements des missions IPPAS que la France accueillera en 2013 en collaboration avec l’AIEA.

J’ajoute que la Convention de 2005 sur la répression des actes de terrorisme nucléaire et l’amendement à la Convention sur la protection physique des matières nucléaire ont été déposés sur le bureau de nos Assemblées en vue de leur adoption prochaine.
La France appelle tous les Etats qui ne l’ont pas encore fait à y adhérer également.

Notre engagement est également total dans le domaine de la coopération.
J’en prendrai trois exemples.
Les progrès enregistrés durant notre Présidence du G8 en 2011, avec en particulier l’extension du Partenariat mondial contre la prolifération des armes de destruction massive et des matières connexes (PMG8).
Notre assistance aux Etats, en partenariat avec les Nations Unies, pour la mise en œuvre de la résolution 1540 du Conseil de Sécurité visant à empêcher les terroristes d’accéder aux technologies liées aux armes de destruction massive.
L’action que nous avons menée avec l’AIEA pour recenser dans le monde l’ensemble des sources radioactives usagées d’origine française, et sécuriser celles qui présenteraient des risques.
Ce recensement est aujourd’hui achevé.
Une première opération de rapatriement a pu être conduite l’an dernier à Madagascar.
Plusieurs autres opérations de sécurisation devraient aboutir en 2012 et 2013, notamment au Maroc, au Costa Rica, au Soudan, au Liban et aux Philippines.

Monsieur le Président,

Pour la France, il y a trois orientations sur lesquelles il me parait nécessaire que nous restions mobilisés.

La première est une meilleure prise en compte du terrorisme radiologique.
L’utilisation de sources radioactives à des fins malveillantes est une menace réelle, distincte de l’usage terroriste d’une arme nucléaire. A compter de ce Sommet, il faut la traiter come un sujet à part entière.

La deuxième est la recherche.
Le développement de procédés permettant de s’affranchir à moyen terme de l’uranium hautement enrichi pour le fonctionnement des réacteurs de recherche et la fabrication de radioéléments à usage médical doit être une priorité.

La France y contribuera à travers ses programmes de développement de nouveaux combustibles, ses actions de conversion des réacteurs de recherche existants, et grâce aux technologies utilisées pour le réacteur de recherche Jules Horowitz, en cours de construction à Cadarache.

Enfin, la troisième concerne la formation.
C’est notamment pour promouvoir le développement d’une culture de la sûreté et de la sécurité que nous avons créé en 2011 l’Institut International de l’Energie Nucléaire, en lien avec tous les acteurs de l’enseignement, de la recherche et de l’industrie nucléaire.

Mesdames et messieurs,

Pour relever les défis du changement climatique, des besoins énergétiques croissants, des progrès de la recherche médicale, nous ne pouvons nous priver des atouts du nucléaire.
Le nucléaire est et restera – telle est ma conviction - un instrument de progrès à l’échelle mondiale.
Si cette conviction est bien la nôtre à tous, alors il faut exercer ensemble une vigilance sans faille sur toutes les exigences qui conditionnent l’usage de l’énergie nucléaire.

C’est là notre responsabilité et c’est là notre devoir.

publié le 08/06/2012

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