Conférence du désarmement - Intervention de M. Yann Hwang, Ambassadeur, Représentant permanent de la France auprès de la Conférence du désarmement [en]

"La conférence d’examen du TNP doit être l’occasion de réaffirmer notre soutien sans faille à la préservation et au renforcement de cet instrument clé du régime de non-prolifération, dans un contexte où la menace posée par la prolifération des armes de destruction massive et de leurs vecteurs s’est amplifiée ces derniers mois."

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Monsieur le Président,

Ma délégation s’aligne sur la déclaration de l’UE et je souhaiterais ajouter quelques points à titre national.

Comme il se doit, permettez-moi de commencer par vous féliciter pour votre accession à la présidence de cette auguste enceinte et vous adresser tous mes vœux de succès. Vous pouvez compter sur le plein soutien de la France tout au long de votre présidence et mon équipe est à votre entière disposition pour vous aider autant que de besoin.

Je sais que vous avez préparé votre présidence de la meilleure manière qui soit, en menant un processus de consultations intensif et en réunissant le format P6 ainsi que le format « P6+2 ». Ma délégation soutient toute initiative visant à assurer une plus grande continuité et une gouvernance plus efficace de la Conférence du désarmement (CD) dans la durée. L’unité du P6 bénéficiera à la CD dans son ensemble, en montrant la voie vers une coopération accrue, et c’est avec intérêt et toute l’ouverture d’esprit nécessaire que nous étudierons le moment venu le document conjoint du P6 devant poser les jalons du travail de la CD pour 2020.

La France soutient les efforts visant à ce que la CD renoue avec l’un des éléments clé de son mandat initial – la négociation de traités multilatéraux de désarmement.

A cet égard, la France promeut activement la négociation sans délai à la CD d’un traité interdiction la production de matières fissiles (FMCT), sur la base du document CD 12/99 et du mandat qu’il contient. Il s’agit sans conteste du sujet le plus mûr pour des négociations et qui contribuerait à faire progresser le désarmement nucléaire en limitant la production quantitative des armes nucléaires. En attendant de pouvoir lancer les négociations, la France soutient l’approfondissement de discussions techniques sur les modalités d’un FMCT.

Plus généralement, il est nécessaire que cette Conférence renoue avec un climat de confiance et de dialogue constructif, permettant de progresser, en tenant compte des avancées et des acquis enregistrés ces dernières années.

En effet, cette année s’ouvre dans un contexte particulièrement tumultueux pour la paix et la sécurité internationales, qui vient nous rappeler l’importance d’enceintes telles que la CD. Il est de notre responsabilité collective de savoir valoriser ces enceintes afin d’en tirer le meilleur parti.

Parallèlement aux efforts sur un programme de travail, le réalisme nous impose également d’explorer des solutions pratiques comme la poursuite de travaux dans le cadre d’organes subsidiaires. Les travaux conduits dans ce cadre en 2018 avaient ainsi permis des avancées substantielles très encourageantes. Rien n’est plus faux que de dire que la CD ne travaille pas. L’absence de négociation ne signifie pas que nous ne faisons rien. Nous devons poursuivre notre dialogue stratégique, approfondir nos discussions techniques afin de réunir les conditions de la négociation d’instruments utiles pour notre sécurité à tous.

Monsieur le Président,

Je concentrerai mon propos sur un évènement phare de notre calendrier pour 2020 et sur un enjeu de prolifération majeur - l’avenir du JCPoA, à la préservation duquel mon pays est profondément attaché :

- La conférence d’examen du TNP doit être l’occasion de réaffirmer notre soutien sans faille à la préservation et au renforcement de cet instrument clé du régime de non-prolifération, dans un contexte où la menace posée par la prolifération des armes de destruction massive et de leurs vecteurs s’est amplifiée ces derniers mois. Alors que nous nous apprêtons à commémorer le 50ème anniversaire de son entrée en vigueur, nous devons nous rappeler la contribution qu’il a apportée à notre sécurité collective, à travers ses trois piliers.

- S’agissant de l’Iran, compte tenu des graves conséquences en matière de prolifération des différentes phases de son désengagement de l’accord, et comme les ministres de l’Allemagne, du Royaume-Uni et de la France l’ont annoncé le 14 janvier dernier : « Nous n’avons plus d’autre choix, étant donné les mesures prises par l’Iran, que de faire part aujourd’hui de nos préoccupations quant au fait que l’Iran ne respecte pas ses engagements au titre du JCPoA et de saisir la Commission conjointe dans le cadre du mécanisme de règlement des différends, conformément aux dispositions du paragraphe 36 du JCPoA ». « Ce faisant, nos trois pays ne rejoignent pas la campagne visant à exercer une pression maximale contre l’Iran. Nous agissons en toute bonne foi avec l’objectif primordial de préserver l’accord et dans l’espoir sincère de trouver une solution pour sortir de l’impasse par le biais d’un dialogue diplomatique constructif, tout en restant dans son cadre. Nous espérons ramener l’Iran au plein respect de ses engagements au titre du JCPoA ».

Monsieur le Président,

Je formule le vœu en conclusion que vos efforts entrepris conjointement avec les présidences à venir, soient couronnés de succès.

publié le 22/01/2020

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