Discours du président de la République à l’Assemblée Générale des Nations Unies

Le mardi 22 septembre dernier, le président de la République s’est adressé à l’Assemblée général des Nations Unies pour exposer les grandes lignes de la politique étrangère française. Il y a présenté cinq priorités sur lesquelles la France souhaite construire les « fondations d’un nouveau consensus contemporain ». L’une d’elles concerne la lutte contre la prolifération des armes de destruction massive et le terrorisme. Extraits choisis.

PNG« Le premier principe, ou le premier objectif, c’est la lutte contre la prolifération des armes de destruction massive et contre le terrorisme, qui menacent au premier chef notre sécurité collective.

La stratégie de la pression maximale, engagée depuis plusieurs années, n’a pas permis à ce stade de mettre fin aux activités déstabilisatrices de l’Iran, ni de nous assurer qu’il ne pourra pas se doter de l’arme nucléaire. C’est pourquoi la France qui, vous vous en souvenez, n’est pas le pays qui a initié à l’époque la négociation, puis conçu l’accord du JCPoA. Mais la France, avec ses partenaires, allemands et britanniques, maintiendra son exigence de mise en œuvre pleine et entière de l’accord de Vienne de 2015 et n’acceptera pas les violations commises par l’Iran. Nous ne transigerons pas pour autant sur l’activation d’un mécanisme que les États-Unis, de leur propre chef, en sortant de l’accord, ne sont pas en situation d’activer. Ce serait porter atteinte à l’unité du Conseil de sécurité, à l’intégrité de ses décisions, et ce serait prendre le risque d’aggraver encore les tensions dans la région. Mais il nous faut bâtir dans la durée un cadre d’action utile, que je rappelais dans notre Assemblée générale même il y a maintenant plus de deux ans, c’est-à-dire la capacité à compléter l’accord de 2015. D’abord dans le temps pour s’assurer que dans la durée l’Iran n’accédera jamais à l’arme nucléaire, mais aussi en assurant que nous allons apporter les réponses à l’activité balistique de l’Iran, mais aussi à ses déstabilisations dans la région.

Sur la Corée du Nord, nous avons soutenu les efforts menés par les États-Unis d’Amérique pour permettre l’engagement d’une négociation. Même si les résultats tangibles ne sont pas encore là, ces initiatives étaient importantes et ce que nous attendons à présent, ce sont des gestes d’engagements concrets de la part de la Corée du Nord. Elle doit se conformer aux résolutions du Conseil de sécurité et s’engager rapidement et de bonne foi dans un processus de dénucléarisation complète, vérifiable et irréversible. C’est la seule voie possible pour parvenir à une solution politique, à une paix durable sur la péninsule coréenne. C’est incontournable pour la stabilité et la sécurité régionales comme pour la paix et la sécurité internationale.

De la même manière, nous ne tolérerons pas que des armes chimiques soient employées en Europe, en Russie comme en Syrie. Au nom de la sécurité collective, je redis ici à la Russie la nécessité que toute la lumière soit faite sur la tentative d’assassinat contre un opposant politique à l’aide d’un agent neurotoxique, le Novitchok. Cette clarification doit être rapide et sans défaut, car nous ferons respecter nos lignes rouges. Et en la matière, la France a toujours été au rendez-vous de l’effectivité des lignes rouges fixées depuis que je suis Président de la République. »

« Cela nécessite, en méthode, l’établissement d’une coopération internationale fonctionnelle, fondée sur des règles claires définies et respectées par tous. Le multilatéralisme n’est pas seulement un acte de foi, c’est une nécessité opérationnelle. Aucun pays ne se sortira seul de cette épreuve. La coopération internationale peut être difficile, mais elle est objectivement impérative.

Pour autant, nous ne pouvons plus nous contenter d’un multilatéralisme des mots qui ne permet d’agréer, qu’au fond, le plus grand dénominateur commun, manière de masquer des divergences profondes sous un consensus de façade. Il faut changer de méthode, inverser les termes du contrat, être aussi haut et clair quand certains se piquent d’adhérer à des alliances et à leurs principes, à des organisations et à leurs principes, pour les fouler aux pieds au réel. Soyons honnête entre nous, lucides, exigeants. Le multilatéralisme contemporain doit aussi associer les organisations internationales, les acteurs privés, les entreprises, les ONG, les chercheurs, les citoyens pour que chacun soit partie prenante des actions engagées. Il se construira sur la base d’accords solides, respectés, vérifiés entre partenaires de bonne foi, autour d’objectifs et de règles claires, avec une vraie responsabilité et des mécanismes de redevabilité. »

publié le 28/09/2020

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