Le saviez-vous ? La France et le désarmement de l’entre-deux-guerres [en]

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Le saviez-vous ?

« Arrière les fusils, les mitrailleuses, les canons ! » Aristide Briand prononcait ces mots en 1926 devant la Société des Nations, à l’occasion de l’entrée de l’Allemagne au sein de celle-ci. Connu comme l’acteur de la réconciliation franco-allemande, Briand a aussi œuvré pour le désarmement. Plusieurs initiatives en ce sens, soutenues par la France ont vu le jour durant l’entre-deux-guerres.

Après la première guerre mondiale, la communauté internationale inscrit le désarmement à l’ordre du jour. Le pacte de la Société des Nations (SDN), ratifié le 10 janvier 1920, précise ainsi à son article 8 que « le maintien de la paix exige la réduction des armements nationaux ». Pendant plus de 15 ans, les Etats, dont la France, vont œuvrer dans ce sens, au sein de la SDN, ou en dehors.

Aristide Briand mena ainsi la délégation française à la conférence de Washington de 1921-1922, durant laquelle furent tenues des négociations concernant le désarmement naval. Il y fut conclu le traité des cinq Puissances, ratifié le 6 février 1922 par les Etats-Unis, le Royaume-Uni, le Japon, l’Italie et la France. Le traité visait la limitation des arsenaux navaux des cinq Etats signataires, en établissant des quotas ainsi que des limites de tonnage des différentes catégories de navires. Ce traité avait pour but de freiner une course à l’armement naval. Deux autres traités limitant les arsenaux navaux signés en 1930 et 1936 à Londres lui succédèrent.

En juin 1925 fut tenue à Genève la Conférence sur le contrôle du commerce international des armes et des munitions. Il y fut élaboré le protocole de Genève de 1925 prohibant l’emploi à la guerre de gaz asphyxiants, toxiques ou similaires et de moyens bactériologiques, signé le 17 juin 1925 et encore en vigueur aujourd’hui, dont la France est le dépositaire.

Durant cette conférence, une convention sur le contrôle du commerce international des armes, munitions et instruments de guerre fût également signée. Celle-ci n’entra cependant pas en vigueur. Deux autres textes relatifs au commerce des armements, la Convention de Saint-Germain-en-Laye de 1919 et la Convention sur la production de l’armement de 1929 ne furent également jamais ratifié.

En 1932, la SDN organisa une Conférence du désarmement à Genève. Les travaux avaient été entamé entre 1926 et 1931 par une Commission préparatoire. La Conférence fut présidée par Arthur Henderson, ministre des affaires étrangères britannique, et elle était composée des membres de la SDN et d’Etats non-membres dont les Etats-Unis et l’URSS.

La délégation française proposa un plan couplant le désarmement à la sécurité collective. Une limite des armements devait aller de pair avec la création d’une force militaire internationale sous le commandement de la SDN, composée de contigents des Etats membres et disposant de leurs systèmes d’armements majeurs (avions, navires de guerre, artillerie lourde, chars), chargée de défendre un Etat en cas d’agression. Ce plan ne fut jamais adopté.

En 1933, le Japon et l’Allemagne quittèrent la Conférence. Elle ne fut jamais offciellement close, mais se délita progressivement alors que les Etats préparaient la marche à la guerre. La seconde guerre mondiale finira d’achever les efforts de la communauté internationale vers le désarmement.

publié le 19/06/2020

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